
Le ski-alpinisme trouve son origine dans un contexte militaire. Il
a été vécu sous forme de courses de patrouilles
à 4 puis à 3 coureurs). Il a même été olympique jusqu’aux JO de St. Moritz
en 1948. Toutefois des courses civiles se courraient déjà dans les années 20.
A cette période de la guerre et de l’immédiat après-guerre sont apparues
les courses de légende comme la Patrouille des Glaciers ou le Trofeo Mezzalama,
son équivalent italien. Dans les Alpes vaudoises, le Trophée du Muveran a
plus de 50 ans.
Chaque pays, où les courses à ski en haute montage ont survécu,
a mis sur pied des épreuves qui correspondaient à ses traditions :
ski de fond d’altitude en Italie, ski de patrouille en Suisse, esquì de montanya
en Espagne et Catalogne, ski-alpinisme en France, rallyes en Bulgarie, Slovaquie
ou, aussi, en Italie.
Dans les années 80, sont nées de nouvelles courses qui sont les initiatrices
du ski-alpinisme moderne. On passe aux courses à deux coureurs. Plusieurs
pays de l’arc alpin mettent sur pied des compétitions.
Début des années 90, quelques passionnés français, italiens, espagnols, andorrans,
slovaques et suisses créent le CISAC, le Comité international de ski-alpinisme
de compétition. La première Coupe d’Europe et le Championnat d’Europe sont mis
sur pied grâce à un journaliste français passionné de montagne, Volodia Shashahani.
La première Coupe d’Europe est organisée en 1992. La première épreuve suisse à faire
partie de son calendrier est le Trophée du Muveran, en 1993. Suivra l’Alpiniski
des Dents-du-Midi en 1995.
En suisse, les courses traditionnelles revoient leurs parcours, passent à deux
coureurs, entrent dans le circuit des compétitions internationales (Muveran,
Alpiniski). De nouvelles épreuves se créent. En 1995, les organisateurs de courses
se réunissent pour mettre sur pied un championnat suisse, un calendrier, un règlement
commun, des principes uniformes en matière de sécurité, de protection de l’environnement
et de l’éthique sportive.
Cette organisation n’a rien enlevé au succès populaire de ce sport. La Suisse
est le pays qui a le plus de pratiquants et de concurrents régulièrement inscrits.
La typologie des parcours y contribuent : alpins et techniques mais accessibles à tous.
Fin des années 90, en Suisse le CAS intègre le ski-alpinisme à ses activités.
Dès 1999, un département « sports de compétition » l’accueille avec l’escalade
sportive. De nouvelles épreuves se créent en dehors du bassin géographique originel
romand : Bivio (GR), Diemtigal (BE), Grindelwald (BE). Avec le XXIème siècle
arrivent les courses de Stoos (SZ), Pizol (SG), Trisrotondo (TI)… En 2005, et
pour la première fois, les courses romandes seront (sont) minoritaires dans le
calendrier national.
Ces premières années ont aussi vu l’éclosion et la multiplication des courses
individuelles, en général nocturnes, qui se déroulent sur des pistes et uniquement
en montée. L’aspect sportif et populaire y est privilégié. Faciles organiser,
sans risques particuliers à maîtriser et sans exigence technique particulière,
elles connaissent un très grand succès. Le CAS les intègre à son calendrier en
les considérant comme une promotion du ski-alpinisme.
Quelques courses n’ont pas encore rejoint l’organisation mise en place par le
CAS. La plus connue est la Patrouille des Glaciers qui est organisée par l’armée
depuis 1984. En 2004, pour la première fois, une équipe étrangère s’y est imposée.
Une équipe nationale (Swiss team) est mise sur pied en 1999. Elle s’élargie aux
jeunes – avec un vaste programme de formation – dès 2000. A leur programme, les
compétitions suisses mais aussi les grands rendez-vous internationaux : Coupe
et Championnat du Monde, Coupe et Championnat d’Europe, Courses open à participation
internationale… En 2004, la Suisse est devenue, au championnat du monde, la première
nation du ski-alpinisme international.
La première manche de toute nouvelle Coupe du Monde a été organisée en Suisse, à Morgins,
en janvier 2004. Son calendrier compte autant de courses par équipes qu’individuelles.
A l’étranger, c’est l’UIAA qui prend le relais du CISAC en créant l’ISMC (International
Council for Ski Moutaineering Competition). Vingt-quatre nations y ont déjà adhéré,
certaines extra-européennes.
En plus de la Coupe d’Europe et du Championnat d’Europe, un championnat du monde
a été mise sur pied pour la première fois en janvier 2002. L’Espagne l’a accueilli
en 2004. L’Italie le fera en 2006. La Suisse en 2008. A plus long terme, la réintégration
au programme olympique se prépare…
L’évolution vers un sport moderne s’est faite sur le plan technique (matériel
très léger) et sur le plan éthique. Le ski-alpinisme s’est aussi rapproché des
vallées et des domaines skiables pour y trouver, comme tous les sports, son public.
Et les médias…
Claude Défago